|
Après la conquête de l'Algérie, en 1830, on leur a présenté le peuplement de cette terre d'Afrique comme une fabuleuse aventure humaine. Cent trente-deux ans
plus tard, ils revenaient en France par bateaux entiers, adnés, accablés, pas toujours bien reçus. On jugeait
leur accent vulgaire, on disait qu'ils avaient mal traité
les arabes, les exploitant sans vergogne, amassant des fortunes... Rétorquer qu'ils avaient contribué à faire passer la société arabo-berbère du Moyen Âge à la modernité ne leur servait à rien : on les rendait responsables d'une guerre, qu'ils avaient de surcroît perdue.
La vérité, bien sûr, n'est pas si abrupte. En toute impartiatité, Raphaël Delpard a tenté de l'approcher. Des années d'enquête l'ont amené à reconstituer les
faits, non pas au niveau de l'examen politique, mais à lui de l'homme de la rue, qu'il soit Arabe ou Européen.
Ainsi voit-on, de part et d'autre, fleurir les espoirs, s'installer les craintes, les malentendus, et les déchirures des communautés, parfois manipulées, voire victimes de mensonges d'État.
L'HISTOIRE DES PIEDS-NOIRS D'ALGÉRIE : une histoire d'amour et de larmes, entre deux grands peuples qui ne se sont pas encore remis de leur rendez-vous manqué.
Extrait :
En 1830, lorsque le corps expéditionnaire débarque en Algérie pour la première fois, les Français ignorent tout de ce territoire cinq fois plus grand que le leur. L’Afrique du Nord n’est pas peuplée de sauvages, comme ils le croyaient, mais pétrie par des dominations qui ont façonné son visage et sa culture…
Le 14 octobre 1839, date oubliée, marque néanmoins son empreinte dans le marbre de l’histoire par l’intermédiaire du ministre de la guerre du gouvernement Soult, le polytechnicien Antoine Schneider. Celui-ci écrit au gouverneur général Valée pour l’informer que « le pays occupé par les Français dans le nord de l’Afrique sera à l’avenir désigné sous le nom d’Algérie »…En 1889, les registres de l’état civil montrent une augmentation des naissances par rapport aux décès. Cela signifie qu’une société est en train de se construire. Chacun s’emploie à façonner un visage nouveau à cette Afrique du Nord que l’on commence à dompter. Des villages sortent de terre, des villes sont modifiées, des plaines apparaissent sous les marais asséchés. Bref, tout bouge sur le territoire. A cette époque, on ne dit pas encore « pieds-noirs ». L’expression apparait vers la fin des années quarante, les historiens sont formels ; Charles de Gaulle s’en serait servi dans un discours en 1943, or nous n’en trouvons pas la moindre trace dans les allocutions qu’il a prononcé durant cette période…
Le visage du pied-noir s’est façonné dans la joie de vivre où le rire est son passeport. Un rire à la gorge déployée et chaleureux qui épouse les instants de la vie où s’inscrivent la beauté du ciel, les fragrances des parfums, et le bien-être tout simplement…
Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954, et tout au long de la journée qui suit, des attentats ouvrent le dernier acte de la cohabitation franco-musulmane. Il durera sept ans et demi et sera pour la France l’évènement le plus important depuis la Seconde Guerre Mondiale.
Table des matières
Conquête et peuplement de l’Algérie
Naissance de la nation européenne d’Algérie
Origines de la révolte arabo-berbère
Les grands évènements de la guerre d’Algérie
La vie des pieds-noirs pendant la guerre d’Algérie
Parution : 2002
Pages : 305
Taille : largeur 15,71 cm / hauteur 23,77 cm
|