|
Certes, face au gouvernement de Vichy, antijuif, xénophobe et raciste, la marge de manoeuvre de la police française était réduite. Il n'empêche : comment des milliers de policiers ont-ils pu arrêter tant de gens sans défense et les accompagner jusqu'aux trains de la déportation sans jamais s'opposer aux ordres ?
L'enquête de Raphaël Delpard va au-delà de la simple accusation. Elle montre comment, dans une société déboussolée par l'arrivée du communisme, des mouvements factieux ont profité de l'ambiance délétère pour imposer le régime inhumain présidé par Pétain et Laval.
Des sources peu connues, des révélations (notamment sur une abominable exaction de René Bousquet concernant mille enfants juifs), une étude approfondie de toutes les facettes de ce drame : cet ouvrage est indispensable pour comprendre ce qu'était la France divisée durant la Seconde Guerre mondiale et se forger une opinion.
Documents, enquêtes et témoignages pour un remarquable travail de mémoire. Raphaël Delpard a publié aux Éditions Michel Lafon trois ouvrages de référence sur l'Algérie, puis Les Rizières de la souffrance, sur la guerre d'Indochine, et Les Convois de la honte, sur le rôle de la SNCF pendant l'Occupation.
Extrait : La police nationale pendant la Seconde Guerre Mondiale ne peut être détachée du régime de Vichy, parce qu’elle a été le relais sans faille de la déportation de 73000 femmes et hommes, dont 11000 enfants, qui n’avaient commis qu’un seul crime, celui d’être nés juifs. Soutien sans faille encore à la traque des communistes et à tous les opposants au concept de la Révolution nationale prôné par le Maréchal Philippe Pétain.
Il m’est apparu, dès le commencement de mes recherches, qu’il fallait mettre au jour les racines qui ont donné naissance à ce pouvoir avant d’accabler qui que ce soit, car, dans cette affaire, la question centrale n’est pas le rôle de la police dans l’œuvre de mort, mais comment Vichy a réussit à en faire son bras séculier. Et à l’intérieur du corps policier, le pouvoir n’a rencontré aucune opposition à son plan…
Dès l’attribution des pleins pouvoirs à Pétain, son gouvernement se dote d’un régime répressif qui ressemble aux régimes totalitaires, et en particulier à celui qui sévit en Union Soviétique.
La première mesure qui est prise frappe de plein fouet les étrangers sans distinction du pays d’origine, et souligne ainsi la spécificité xénophobe de Vichy. La loi du 22 juillet 1940 annule la naturalisation qui leur avait été accordée depuis 1927 et transforme du jour au lendemain les 15000 bénéficiaires en individus apatrides.
Le 13 août 1940, une autre loi exclut la franc-maçonnerie de la société française. Bientôt les communistes seront pourchassés, emprisonnés, et certains fusillés. .. Les opposants au régime nazi sont traqués et internés dans un des camps qui fleurissent sur le territoire. Le sommet de l’action répressive et xénophobe est atteint avec l’apparition en juin et en octobre 1940 des statuts définis par les lois raciales, rédigés à la seule intention des citoyens juifs. Rappelons qu’il s’agit là d’une initiative française, laquelle ne répond en aucun cas à une demande formulée par l’occupant.
Table des matières Etat des lieux d’une France en plein bouleversement
Une société à la dérive
La cagoule
La milice
La terreur
La police
Les lois antijuives de Vichy
Les rafles
Les préparatifs des rafles du Vélodrome d’Hiver
Les jours de la honte
Les lieux d’internement
La déportation des enfants
Une police fasciste
Le sursaut républicain de la police
Les responsables
Pétain et la déportation des juifs
Les réactions des Français et de quelques autres
Des nations protègent leurs juifs
Parution : 2006
Pages : 325
Taille : largeur 15,88 cm / hauteur 23,50 cm
|