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Ils n'ont pourtant pas conquis l'Algérie par les armes. Ils s'étaient installés dans une province française, celle-ci réclamait son indépendance, on allait la lui donner, mais non sans canaliser la haine sur ceux qui avaient osé venir l'habiter. Les meilleures intentions ont parfois besoin de victimes expiatoires... Pas étonnant, dans ces circonstances, que dès le lendemain des accords d'Évian, ce soit la curée. Après le massacre de 140 000 Harkis, pour les pieds-noirs, c'est « la valise ou le cercueil ». En quelques mois, plus d'un million d'entre eux fuient vers la « métropole ». Mais en France, personne ne veut en entendre parler. L'opinion publique les abandonne, les pouvoirs politiques s'en désintéressent, pas un intellectuel ne vient à leur secours. L'Histoire elle-même voudra les oublier...
Extrait :
« Nous avons fermé la porte… »
La phrase est simple et suggère une action en apparence anodine. Chaque matin, après tout, des millions de gens ferment la porte derrière eux en quittant leur lieu d’habitation.
Pour les Français d’Algérie, il en va autrement : partir, c’est s’arracher à soi-même. A compter de mars 1962, les Français d’Algérie se sont séparés deux fois. La première en quittant leur maison et la seconde en laissant définitivement une terre sur laquelle la majorité d’entre eux était née. Ils sont arrivés en métropole comme coupés en deux. Quarante-cinq ans après, ils le sont toujours.
MARSEILLE :
Hervé Cuesta se souvient du passage devant le contrôle d’identité de la police. Chaque homme est photographié de face et sous ses deux profils, comme un vulgaire suspect. L’épreuve est difficile à vivre, autant à cause du dénuement moral dans lequel sont plongés les arrivants que des vingt-sept heures de traversée qu’ils ont passées dans des conditions inhumaines…
Tout est fait pour que les Français d’Algérie séjournent le moins longtemps possible dans la cité phocéenne et ses alentours. A la fois parce que la capacité d’absorption arrive à saturation et pour répondre au désir des Marseillais de voir ces émigrés d’un genre nouveau disparaître au plus vite du paysage.
Table des matières L’arrachement
- ils ont fermé la porte
- la route de l’exil
- Marseille
- l’intégration
- le rejet
- identité et effacement
- ne pas quitter l’Algérie ?
- ceux qui sont restés
Le scandale
- l’histoire officielle
- à propos de l’insurrection du Constantinois
- FLN
- OAS
- Terrorisme et société française
- Les français d’Algérie ennemis de la république ?
- Le massacre de Bab el-Oued (26 mars 1962)
- Le massacre d’Oran ( 5-6 juillet 1962)
- La prison des pieds-noirs
- Le responsable
Raphaël Delpard tente de mettre un terme à cette tragique sëgrégation dans des pages brûlantes, étayées par des témoignages forts et des documents inédits. Une réhabilitation qui s'impose, après une aussi scandaleuse injustice.
Parution : 2007
Pages : 283
Taille : largeur 15,40 cm / hauteur 23,70 cm
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